Publié le 11 Avril 2015

La belle vie continue.

Redoubler UN module à la fac, ça veut dire : avoir 5 heures de cours par semaine. Cette année-là, je vais donc bouger beaucoup, dans toute la France, avec un super copain qui bouge beaucoup, connait du monde partout et me trimbale. Je vais même me trouver un chéri à Nantes... (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué).

A ne faire plus que ça, je finis par tomber définitivement amoureuse de l'art médiéval. Et c'est donc très naturellement, qu'après une licence plutôt réussie (la maturité a dû me frapper fort) je décide de partir en maîtrise et de travailler sur le Moyen Age.

Enfin je décide. C'est juste une continuité... je ne me rappelle pas m'être posé de questions à ce moment-là. Parce que finalement, ne pas continuer, ça équivaudrait à travailler ? Je crois que c'est à ce moment-là que l'angoisse de la vie commence à poindre. Que l'insouciance tant aimée se délite petit à petit. 

Parce que tout ce petit manège ne pourra pas durer éternellement. Un jour il faudra prendre de vraies responsabilités, faire quelque chose de constructif, montrer que je suis capable de quelque chose...

Mais c'est pas tout de suite. Une maîtrise très sympa sur des peintures murales médiévales, dans un petit patelin à 1h de chez mes parents. Une directrice très maternante et enveloppante. Le cocon prend une autre forme mais tout aussi agréable. 

Une soutenance de maitrise en petit comité avec un 16 et une mention très bien. Et hop. On continue dans la droite ligne des études supérieures avec un DEA pour approfondir mon sujet de maîtrise, ou plutôt pour préparer mon sujet de thèse. Parce que pourquoi se leurrer ? Tout est si facile et confortable... la thèse me tend les bras. Un DEA tout en douceur avec un 15 et une mention bien. Tranquille. 

Ma directrice de thèse (la même que celle de la maîtrise et du DEA) est fraîchement nommée à ce poste et nous ne sommes que 3 étudiantes à la suivre dans cette formidable aventure. Une vraie petite famille. On se promène ensemble, on participe à des projets culturels, on écrit des articles, on fait des notices... et puis on travaille un peu sur notre thèse aussi, histoire de. De toutes façons, tout le monde sait qu'en Histoire de l'Art, faut pas rêver, une thèse ça dure au minimum 5 ans (ne parlons donc pas du maximum)... JE SUIS LARGE. 

1ère... 2ème année... et voilà pas qu'on me propose une charge de cours à l'université. 6 heures de travaux dirigés en DEUG 2 par semaine. 

C'est peut-être à ce moment-là que je prends conscience que tout ceci n'était pas qu'un jeu rigolo. La préparation des cours me prend toute la vie, et je suis pétrifiée de trouille avant d'aller en cours. Je me retrouve, moi petite fille, fraîchement tombée du nid, devant des classes de 50 élèves dont certains sont plus vieux que moi et sûrement plus érudits.

Pas le choix. Ce genre de proposition ne se refuse pas. C'est bien payé (enfin relativement si l'on considère le temps de préparation des cours) et c'est le début de la gloire assurément. Sauf qu'il va falloir donner le change. Sur ma fiche de paye, y a écrit "enseignant chercheur". 

Le début de mon imposture, ou plutôt de la prise de conscience de celle-ci, commence là. Il va falloir faire croire à tous ces jeunes gens (et à ma directrice aussi) que je sais ce que je fais. Je ne passe pas un cours sans la peur au ventre de me voir poser une question à laquelle je ne saurais pas répondre...

"Madame ! Pourquoi Moïse a des cornes sur cette représentations ?"

Et merde. J'en sais rien. Putain. Fais chier. J'ai honte. 

Depuis je sais parfaitement pourquoi et je m'en souviendrai jusqu'à l'heure de ma mort et peut-être même après. 

Je ne sais rien, j'oublie tout. Je suis arrivée là par hasard. Parce que ma directrice de thèse et son collègue étaient sûrement bourrés lors de mes soutenances. Où qu'ils avaient pitié de moi parce que j'étais, au fond, une gentille petite fille sans défense. 

L'année suivante, en 3ème année, une collègue de thèse s'en va à Paris et libère un poste d'une 12aine d'heure de cours dans une école privée post bac. Je me présente pour le poste et je suis embauchée direct. 5 petites filles de riches qui se prédestinent à des carrières dans la culture et les médias pour moi toute seule. 2 ans et des centaines d'heures de cours préparées à l'arrache... ça tombe bien, elles sont pas trop exigeantes et la directrice de l'école non plus. Je peux continuer à faire semblant. 

Et puis en début de 4ème année... PAF la tuile. Ma directrice de thèse bien aimée décède d'un cancer foudroyant... 

To be continued. 

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Rédigé par A L I

Publié le 30 Mars 2015

Pour le début, tu vas 

Si tu vois pas encore du tout le rapport avec le titre... c'est normal. 

Me voilà donc fraîche jeune fille en fleur à l'université. Je vis chez mon oncle et ma tante (mes parents n'ont pas les moyens de me payer un appart)... je suis donc dans un gentil cocon. Je rentre pas trop souvent à la maison parce que je sais plus bien pourquoi, mais le paternel trouve normal que je fasse ma vie. Je me fais une adorable amie que j'aime à la folie (encore aujourd'hui même si nos vies se sont éloignées) et on passe beaucoup de nos weekends ensemble (à faire les fofolles)

J'ai une petite vie parfaite avec des cours qui m'intéressent, des copines sympas. C'est encore le temps de la fête et de l’insouciance.

Un passage en 2ème année sans encombre... c'est normal, je suis une élève studieuse et intelligente. J'oublie complètement cette histoire de cinéma et d'Art du Spectacle. L'histoire de l'art c'est super cool. Et en 2ème année, on en est pas du tout, mais alors pas du tout, à faire des projets professionnels à la fac hein. Travailler ? C'est quoi ça ? Comme si on allait pouvoir rester là toute la vie.

Bon pourtant, j'ai mon premier appart \o/ (Une cage à poule au bord de la rocade). Les fins de mois sont difficiles mais à moi la liberté ! Donc il faut travailler un peu... bien lotie, mes parents viennent d'ouvrir un restaurant qui ouvre le weekend et pendant les vacances. C'est parfait pour faire un peu d'argent de poche. 

Je sais pas trop ce qui se passe cette année là... mais lors des résultats d'examens c'est la tuile : RECALEE ! Moi ? Non ? C'est juste pas possible. Jamais je n'échoue. Il doit y avoir une erreur. Je vais voir les profs pour comprendre (j'ai raté 4 modules sur 5 quand même). Et là on m'annonce que je ne suis pas assez mature ?!? HEIN ? 

Bon là j'avoue c'est la claque. La méga claque. Je pleure, et je pleure et je pleure. Je me rappellerai toujours de ce jour des résultats où ma meilleure copine m'appelle pour m'annoncer la nouvelle. Je travaille. Je vais faire tout le service en pleurant. Bien sûr toutes mes copines passent en licence elles...

Qu'à cela ne tienne. Je suis pas mature, ben je vais vieillir un peu et redoubler me semble une bonne idée finalement. Je ne fous rien de tout l'été. Je me présente au repêchage en septembre le cœur léger et le teint halé. 

Miracle de la prise de recul, je réussi tous mes modules sauf... celui où je suis arrivée avec 1 h de sommeil à peine (l'arrivée surprise chez moi d'un mec dont j'étais follement amoureuse et que je ne devais jamais revoir la veille de l'examen, avait anéantit toute forme de raison chez moi). 

UN modulede raté. Un seul. Histoire de l'art médiéval. 

Cette nuit-là (en plus d'avoir été super méga cool) a donc changé le cours des 7 années qui ont suivies. 

La suite à venir...

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Rédigé par A L I

Publié le 24 Mars 2015

Bonjour je suis une imposture.

Je vais te raconter ma vie. Et en préambule, ça va être long, t’es averti.

C'est un sentiment que je partage avec moi-même depuis fort longtemps. Enfin au moins depuis le début de mes études supérieures.

Avant ça je crois que je me sentais à ma place, dans un cadre apaisant et rassurant. Je vivais comme une adolescente normale avec des problèmes d'adolescentes.

Bref, j'étais protégée... par mes parents, ma petite ville, mon petit lycée.

Après le bac, il a fallu faire un grand saut dans le vide. Je conviens qu'aujourd'hui ça peut paraître un truc hyper banal, mais à l'époque ça l'était moins, et sûrement pas pour moi.

Mes projets étaient clairs... j'irais faire mes études de cinéma à la fac pour commencer en "art du spectacle" et ensuite j'intégrerais une école de cinéma à Paris. Moi je voulais être réalisatrice de film.

Sauf qu'un jour mon père est venu me chercher au lycée en me disant : "Voilà, on m'a fait une proposition pour toi. Tu as jusqu'à ce soir pour décider mais tu peux pas dire non en fait".

On me proposait de partir un an à l'étranger, d'y suivre une scolarité, en famille d'accueil, tous frais payés, hormis le billet d'avion. Mes parents ne roulaient pas sur l'or, je n'avais pas le choix (enfin surtout pour mon père) on ne refuse pas ce genre de proposition.

J'ai appelé mon copain de l'époque qui m'a encouragé dans cette voie, et j'ai décidé (enfin si on veut) de partir. A 18 ans, c'est sûrement le rêve de plein d'enfants. Et c'était le mien, je dois l'avouer, de quitter le nid. Mais bon là du coup, ça faisait un peu loin et un peu long.

Mon choix c'était porté sur les States évidemment, mais j'étais trop vieille pour le programme donc on m'a relégué sur le Canada anglophone (l'idée étant bien sûr que j'apprenne l'anglais).

Le 24 août 1996, je suis donc partie vers l'inconnu, avec deux énormes valises et une méconnaissance pitoyable de l'anglais.

Ce fut le début de la fin. Je crois que j'ai fait ma première dépression... tu sais, ce qu'on appelle le mal du pays. Heureusement ça n'a pas duré longtemps et j'ai pu rapidement profiter pleinement de l'expérience enrichissante. 

Aujourd'hui je n'ai aucun regret. Ça reste une des expériences de ma vie les plus fabuleuses et je vous conseille carrément d'envoyer vos rejetons très loin en sortant de vos jupes. 

J'étais sortie du nid mais dans un univers très (trop ?) cadré et donc dans une totale sécurité (enfin relativement). 

J'étais très forte de mon expérience quand je suis rentrée et je m'apprêtais à déplacer des montagnes. 

J'allais reprendre le cursus initialement prévu. Une inscription à la sélection d'entrée en art du spectacle m'attendait à mon retour. Mais ce fut la douche froide. Pour la première fois de ma vie, j'étais recalée. MOI ? Moi qui n’avais jusque-là connu que des échecs très relatifs et sans incidence. Je n'avais pas compris ce qu'on me demandait. J'avais tout faux. Pour la première fois de ma vie, je me suis sentie à côté de la plaque.

Mais qu'à cela ne tienne, j'étais passionnée, j'allais rebondir. Je retenterais l'année suivante. Et je me suis donc inscrite en fac d'histoire de l'art en attendant, histoire de patienter gentiment.

To be continued…

 

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Rédigé par A L I

Publié le 4 Mars 2015

Oyez oyez braves gens !

Je rebondis aujourd'hui sur un autre sujet hautement polémique (celui qui dit que j'aime les sujets polémiques aura droit à une fessée)...

LA FESSEE... communément appeler aussi claque, gifle, baffe, tape, etc...

Bon la fessée, on est d'accord ça concerne les fesses. Autrement dit les enfants relativement petits. Je ne pense pas que vous mettiez la "fessée" à vos ados.

La gifle et la claque plutôt le visage.

Et la gentille tape, en général la main. Ou bien le derrière de la tête.

Dieu merci dans notre jargon de dressage d'enfant on ne parle pas de coup de pied dans les tibias, de coups de poing dans le ventre, ou de coup de boule dans la gueule. On est d'accord que là, ça dépasse un peu les limites hein ?

Parce qu'un fessée, une gifle, une tape... bah honnêtement, c'est rien hein. Un geste anodin alors ? Sans conséquence... ?

Ah non ? C'est fait pour éduquer tu me dis ? Éduquer à quoi exactement ? (je vais me faire les questions réponses, ce sera plus simple)

Ça sert à éduquer nos petits enfants. Ces petits êtres en devenir qui ne peuvent comprendre un message qu'en se prenant une baffe. "Tiens vlan dans ta gueule, t'as compris maintenant ?"

Ca sert à faire en sorte que les enfants aient du respect pour leurs parents. Parce que moi, je respecterais à donf quelqu'un qui me tape, clairement. 

Que ces drôles se rappellent bien que s'ils n'obéissent pas, c'est la douleur physique qui viendra leur rappeler les règles (entre parenthèse, la douleur physique est celle qu'on oublie le plus rapidement)

Ah non ? Tu me dis que c'est pas fait pour faire mal ? 

MAIS ALORS A QUOI CA SERT ? Je te pose la question. Parce qu'à part dès "J'ai pris des claques quand j'étais petit et je suis pas mort" (et si toi t'es pas mort, y en a d'autres pour qui ça n'a pas été si drôle parce qu'un jour papa ou maman a tapé plus fort que d'habitude...bref) pour l'instant on m'a pas sorti un SEUL argument valable. 

Le seul que je comprend c'est : "ça me soulage" ouai ça ok, d'accord, des fois nos gosses sont tellement affreux que je reconnais que ça doit soulager. Je le sais parce qu'il m'est arrivé d'avoir envie de frapper  (comme j'ai parfois envie de frapper mon mec, et pourtant j'essaie pas de l'éduquer hein). 

Mais je l'ai pas fait. J'ai pris sur moi, comme une adulte que je suis. Frapper quand on est en colère, c'est le réflexe des enfants. Et d'ailleurs, on leur apprend à longueur de journée (enfin ici c'est le cas) à NE PAS TAPER. 

Bon évidemment si tu apprends à ton gosse qu'il faut taper pour se faire respecter... t'es plutôt cohérent. Continue. 

Mais sinon... ?? 

Bon admettons, tu tapes ton enfant... (y en a plein en vrai). Est-ce que tu as noté qu'il obéissait après parce qu'il avait compris le message ou juste parce qu'il avait juste peur de se prendre une baigne ? 

C'est quoi l'objectif à long terme ? C'est qu'il obéisse par raison ou par peur ? 

On m'a sorti l'argument que je préfère : "Si tu tapes pas les enfants ils seront capricieux, désobéissants, pourris-gâtés, mal élevés..." j'aimerai bien voir des statistiques sur le sujet. Parce que j'ai jamais tapé mes enfants et pourtant ils sont pas plus mal élevés que les tiens. 

Sinon y a l'argument : "Faut leur montrer que la vie est dure, qu'on vit pas chez les Bisounours" Hum. Ok. 

Naïvement je pensais qu'en tant que parents, on espérait un monde meilleur pour nos enfants. Pas un "Apprend à en chier dès maintenant mon gars, même si t'as trois ans, tu verras la vie c'est comme ça, on se prend plein de claques dans la gueule". En vrai on est pas un peu là pour les protéger justement ? Je m'égare... ou pas. 

 

Bref tu l'auras compris, ici, la fessée ou tout autre châtiment corporel quel qu'il soit c'est niet. Parce que ça sert à rien, sinon à faire du mal. Et mandieu, jamais je ne veux avoir l'idée de faire du mal à la chair de ma chair. Et tu sais quoi ? Mes enfants m'obéissent ! Dingue. 

Et si ton gamin à toi "ne comprend que ça" c'est qu'il y a vraiment un autre problème à la base. 

Mais rassures toi cher lecteur, il existe des milliers d'autres alternatives qui marchent... voui voui. Mais qui, soyons honnêtes, demandent un tout petit peu plus d'efforts qu'un revers de la main. Mais on t'avait pas dit que l'éducation c'était pas une promenade santé ? Je ne te juge pas, je veux juste te dire que tu dois vraiment y réfléchir et trouver d'autres solutions. 

Ici tu trouveras toute une liste de livres qui pourront t'aider à y voir plus clair et à envisager les choses différemment. Crois moi ça te fera du bien dans ton coeur. 

Et tu verras qu'il ne s'agit nullement d'être laxiste ou permissif. Bien au contraire.

 

Pour ce qui est d'une loi... je sais pas... parce que sûrement ça ne suffira pas et que je ne suis nullement pour la répression dans ce genre de domaine.

Une vraie campagne de communication de la part des pouvoirs publics devrait par contre se mettre en place avec un message très clair : les chatiments corporels n'éduquent pas ! 

Nos enfants ne sont pas des chiens merde ! 

Bisous

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Rédigé par A L I

Publié le 9 Février 2015

La réponse est oui, évidemment. D'ailleurs il y a plein d'exemples de mères courages qui ont fait ça très bien.

Mais à quel prix ? Je vous le demande.

Alors y en a qui arrivent, et te disent... "bah j'ai élevé mes enfants toute seule et je suis pas morte"... bon, ok jusque là on a pas recensé de mort due à l'élevage d'enfants seule. C'est vrai, je te l'accorde. Mais de la difficulté, voire de la souffrance (n'ayons pas peur des mots), je crois bien que oui.

Et oui d'abord, je suis bien placée pour en parler. Quand mon mari est parti de la maison, mes enfants avaient 2 et 5 ans, soit pas l'âge le plus facile pour le 2ème tu en conviendras.

Mes conditions étaient pourtant idéales... une garde alternée (donc la paix royale une semaine sur deux), mes parents à côté en cas de souci et pour prendre le relais par moment. Donc j'aurai dû faire ça les doigts dans le nez... Et pourtant... j'ai souffert, j'ai pleuré, j'ai crié, j'ai été désespérée... ça a duré un an et demi.

Parce que non seulement tu as deux monstres à gérer à ce moment là mais en plus tu as toute la douleur de te retrouver seule, sans ta moitié, sans cette personne avec qui tu pensais passer ta vie, celle avec qui tu as choisi de faire ces magnifiques enfants qui aujourd'hui se retrouvent ballotté entre deux foyers et deux parents perturbés. Et ça n'aide pas.

On s'en est sorti, on va même tous pas trop mal.

Mais c'est aujourd'hui que je ne suis plus seule à la maison pour élever mes têtes blondes que je réalise que c'était vraiment pas évident.

Il faut dire que j'avais été mal habituée avec un mari qui s'occupaient bien de ses enfants. Peut-être que finalement, pour certaines, ça change rien.

Mais n'empêche. C'est tellement mieux à deux.

Bon d'accord, j'ai beaucoup de chance que mon compagnon soit très impliqué et qu'il aime mes enfants presque autant que si c'était les siens, ça aussi ça aide bien.

Mais merde, toute seule, on ne fait que "survivre" dans l'éducation de nos enfants. A deux, on peut faire les choses plus posément, on peut prendre du recul, on peut se calmer dans sa chambre pendant que l'autre prend le relais, on peut se reposer et donc être beaucoup plus facilement à l'écoute et dans l'éducation positive. Et où est-ce qu'on trouve le temps de s'occuper de soi ? Ne doit-on pas s'occuper de soi pour bien s'occuper des autres ?

Alors OUI on peut mais OUI c'est très dur. Et on a le droit de le dire.

Je suis pleine d'admiration pour ces mères (et ces pères, même s'ils ne sont pas encore légion) et je soutiens leurs ras le bol, leurs pétages de plomb... (j'ai des souvenirs piquants de crises de larmes de ma part quand Highlander passait sa soirée à escalader la barrière de sa chambre jusqu'à minuit) et j'ai souvent cru que je n'y arriverais jamais.

Il faut être deux pour faire des enfants. Il faut être deux pour s'en occuper, j'en suis certaine.

Donc, à toi qui est seule (pour l'instant), je te dis que tu n'as pas le droit de culpabiliser, tu n'as pas le droit de te sentir "mauvaise mère", tu fais ce que tu peux et tu le fais du mieux que tu peux. Et pour l'instant, ça suffit.

Attention, je ne dis pas du tout que si tu élèves tes enfants seule, tu les élèveras mal ou moins bien, je dis juste que tu as largement le droit de te plaindre et d'exprimer tes difficultés et tes souffrances.

Bisous.

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Rédigé par A L I

Publié le 26 Janvier 2015

L'hiver à la maison

L'hiver à la maison c'est une de mes saisons préférées... je dis "une" parce que je crois que je trouve tout de même à chaque saison ces petits bonheurs. (A part peut-être l'automne, je crois que plus ça va et moins j'aime l'automne, qui correspond pour moi en général à une période de déprime plus ou moins intense. Cet automne, j'ai pas eu le temps, j'ai grossi, et j'ai pleuré.)

Ma saison d'hiver commence le 2 janvier (oui avant, c'est toujours l'automne). C'est la période du repos. Du vrai repos. Le temps de faire la sieste et la grasse mat sans culpabiliser (enfin pas trop), rester en pyjama des journées entières, larver devant la télé pendant des heures. Mais aussi lire, coudre, peindre, bricoler, nettoyer, ranger, trier...

Chaque année, je suis pleine d'espoir quant à TOUT ce que je vais faire pendant 3 mois. Finalement, je me rends bien compte que je n'en fais pas le quart, que le temps, même si le travail a ralenti, passe toujours très vite.

Mais je commence à l'accepter, à me dire que je ferai ce que je ferai et que je ne pourrai pas tout faire. Et que ce n'est pas tellement grave.

C'est surtout le temps de la pause dans le travail (pas une pause totale mais gros ralentissement de l'activité en tous cas). C'est maintenant que je commence le nettoyage à fond du restaurant et des chambres (c'est loin d'être hyper rigolo, mais ça permet de repartir sur de bonnes bases), le temps où on repense un peu tout, et surtout le moment où on fait en sorte de se remotiver pour repartir pour une nouvelle saison. Après l'épuisement et le ras le bol, à la fin du mois de janvier on commence à se redonner envie.

La nature est à l'arrêt, elle aussi se repose avant de repartir pour un tour, les petits matins gelés et ensoleillés sont mes préférés.

Mes brebis s'apprêtent à agneler... encore quelques jours et les premiers bébés vont naître. Même si c'est pas forcément un moment évident (il y a beaucoup de morts et selon les années, ça peut être carrément déprimant) c'est quand même super mignon ces petits trucs tous blancs (même si je sais qu'ils partiront un jour à l'abbatoir mais chut... je me dirais juste qu'ils partent en vacances.)

C'est finalement dommage qu'il y ait de la boue partout, que les mains et les lèvres soient gercées parce que sans ça, l'hiver est vraiment une de mes saison préférée :)

 

(J'avoue que j'ai aussi la chance d 'avoir des enfants en pleine santé qui n'ont pour l'instant, attrapé aucun microbe, ça aide à aimer l'hiver, j'en conviens et je touche du bois pour que ça dure)

L'hiver à la maison

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Rédigé par A L I

Publié le 2 Janvier 2015

Et non tu vois, en ce magnifique 2 janvier 2015, je ne te ferai pas l'honneur de ces sempiternelles "bonnes résolutions". Il paraît en plus que je fais les mêmes chaque année... donc elles finissent vraiment par manquer d'intérêt, on est bien d'accord. 

Bref, je préfère aujourd'hui regarder derrière (pour mieux regarder devant après hein) même si je suis d'un tempérament nostalgique, je n'aime pas trop l'année qui vient de passer. Ben non. 

Pourtant si tu regardes 2012 et 2013... ça donnait pas envie non plus.

2014 aura été une année de remise en question et de peurs. Comme si le temps après la dépression rendait plus lucide, plus difficile dans la recherche du bonheur. Comme si quelque chose c'était cassé en moi et que j'avais beau tout faire pour, je n'arrivais pas à le réparer...

Ou peut-être simplement que ce que j'appelais le "bonheur" avant n'était qu'une grande illusion (Il paraît que je m'interdisais le malheur, dixit la psy).

Cette année 2014 (et les précédentes) m'auront appris à être "malheureuse" (je mets des guillemets parce que tout ça est très relatif, entendons nous bien) et donc par extension, à être plus sincère avec mes sentiments, autrement dit à ne pas me voiler la face. A reconnaître que tout n'est pas parfait, et à l'accepter.

Comprendre aussi que j'ai des failles, les voir en face, et que ça aussi il faut l'accepter.

Alors je continue à construire tout doucement, tranquillement. ET C'EST PAS FINI !

Bref tout ça n'a pas été tout le temps très facile.

 

Mon amour pour #MonAmoureux et celui qu'il me donne m'ont beaucoup aidé. Une année entière à vivre ensemble, quasiment 24h/24 (Un homme qui me supporte à ce rythme est précieux, crois moi).

Je pense qu'il m'aura fallu un peu de temps pour accepter de faire à nouveau confiance, de me laisser aller dans les sentiments sans peur, mais je suis sur la bonne voie. On a de très beaux projets tous les deux et notre couple se construit un peu plus chaque jour. J'ai plein d'envie et d'espérance sur notre vie à deux :)

Je n'ai plus envie d'avoir peur (même si je ne crierai certainement plus jamais à l'amour éternel) je crois à nouveau en l'Amour qui dure et qui fait du bien.

Les enfants me portent évidemment toujours beaucoup. Ils sont un vrai moteur. Ils me manquent la plupart du temps, j'ai toujours l'impression d'être passé à côté de plein de choses avec eux. C'est angoissant de les voir grandir si vite. Mon bébé a eu 5 ans. N'a t'il pas quitté le sein hier ?

J'ai fait tout ce que j'ai pu pour être plus présente mais mon souhait est d'en faire encore plus. Compte tenu des circonstances (divorce, garde alternée, bla bla bla) ils semblent épanouis avec leurs problèmes d'enfants (que je ne prends malgré tout pas à la légère.)

Ils ont grandi en sagesse, tout est plus facile avec eux, plus apaisé. Puis ils sont vachement beaux, en toute objectivité. 

 

Le point le plus sensible, c'est mon travail. Et les grands questionnements se posent ici même si j'ai tendance à tout pousser d'un revers de la main. Parce que je n'ai pas le courage, ni la volonté de faire bouger les choses pour le moment. Peut-être pas l'envie non plus. Je suis responsable d'un héritage lourd et rempli d'affect... et c'est parfois très pesant.

La seule solution pour l'instant : vivre au jour le jour et profiter de tout ce qui est bon et positif. Laisser une fenêtre ouverte sur l'avenir, même si elle est toute petite pour le moment.

 

Je reste une grande adepte des bonheurs simples et c'est toujours là dessus qu'il faudra se concentrer. Même s'il n'y aura pas de bonnes résolutions cette année, il y a un voeu... que je me fais à moi même et à vous tous aussi, qu'elle soit remplie de sérénité. Parce que la sérénité mène à la paix, à l'amour et à la santé. Et c'est bien ça qu'il nous faut à tous.

BONNE ANNéE 2015 ! 

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Rédigé par A L I

Publié le 18 Octobre 2014

C'est devenu difficile de trouver du temps. Mon travail m'accapare de plus en plus. Mais je m'y fais de plus en plus plaisir aussi.

Moi qui était sûre de détester la cuisine, je me retrouve maintenant derrière les fourneaux et ça me plaît bien. Bon évidemment, rien de compliqué, mais j'essaie de tenter des choses et je m'amuse. S'il n'y avait que ça, ce serait parfait, mais c'est sans compter sur le ménage qui prend un temps de dingue. J'arrive à me dire pour me motiver que ça fait partie de la qualité de l'accueil et du coup, ça devient moins pénible.

La saison de Noël approche et avec elle, l'envoi des colis. C'est ce que j'apprécie beaucoup dans mon travail : le changement d'activité en fonction des saisons.

J'appréhende parfois avec envie le mois de janvier... synonyme de vrai repos. Je sais aussi qu'il passera vite et que je ne ferai pas la moitié des choses que j'ai envie de faire. Mais en attendant je rêve un peu. J'essaie de profiter au maximum du moment présent, même si mes douleurs au c** sont revenues récemment et me rendent la vie un peu plus difficile. J'attends que ça passe... et je vais voir un Xème ostéopathe... histoire de me dire que je ne subis pas sans rien faire.

 

Mes bébés ont grandis. Ce ne sont plus des bébés d'ailleurs il paraît... même si Highlander a beaucoup de mal à lâcher sa sucette et son biberon alors qu'il va avoir 5 ans dans quelques jours mais peu importe, s'il a envie de les garder encore un moment, je ne l'en empêcherai pas, il aura tout le temps d'être grand plus tard. 

5 ans déjà... je repense encore souvent avec nostalgie à mon bébé (et je pleure aussi encore parfois en repensant à sa naissance). C'est un sentiment étrange que de les voir grandir, devenir plus indépendant... j'ai souvent le sentiment qu'ils méchappent. Ils ont leurs propres vies, leurs sentiments, leurs secrets. Ils ne sont plus une part de moi même et j'ai parfois du mal à le vivre, même si j'apprécie énormément de retrouver une certaine liberté.

Le Chameau est rentré en CE2 et j'ai de plus en plus de mal à le comprendre. Je n'arrive pas à savoir si cet enfant est heureux. Il n'est certainement pas plus malheureux qu'un autre mais mon besoin de mère de les vouloir parfaitement heureux semble très utopique. 

La garde alternée n'arrange rien pour ça évidemment. J'ai toujours le sentiment d'être moins impliquée, moins présente (ça c'est fatal). Eux n'ont pas l'air de le vivre mal... 3 ans après, je peux dire qu'ils se sont drôlement bien adaptés (peut-être mieux que moi finalement). Ils ont l'air ravis chaque semaine, de changer de parent. On dit toujours 'bien malgré moi d'ailleurs) "chez Papa" et "chez Maman" mais c'est trop compliqué de dire autrement. Il n'y a pas de "Je ne veux pas aller chez Papa" et plus ou peu de "Je veux aller chez Papa tout de suite" de la part du Chameau. On pourrait presque croire que ça leur convient.

Encore une fois, il ne s'agit certainement pas d'une situation idéale pour des enfants... mais elle reste néanmoins, selon moi, la meilleure pour une séparation dans notre cas de figure (dont j'ai déjà parlé ici)

Ca fera bientôt deux ans que mon nouvel (adjectif qui ne convient plus vraiment) amoureux est entré dans ma vie. Les enfants et lui se sont très bien adaptés... mieux que je ne l'aurai jamais souhaité en fait. Je réalise la chance que j'ai de ce côté là. la cohabitation se passe très bien, même s'il a évidemment fallu quelques réglages au départ, maintenant on peut dire que tout roule. J'ai retrouvé une vie amoureuse et familiale sereine en un temps relativement court finalement. Et c'est ce que je souhaite à mes amies qui souffrent en ce moment. J'ai vraiment envie de leur dire que "la vie continue" parce que c'est vraiment vrai. 

Je ne ferai pas de voeu de retour ici. Parce que même si j'en ai envie, je vois bien que je ne m'y tiens pas. 

Donc je dirai simplement "à bientôt" et que je suis touchée de voir que vous êtes encore nombreux à venir trainer par ici malgré mon absence. 

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Rédigé par A L I

Publié le 22 Avril 2014

Sujet hautement polémique... Il y a les pour, il y a les contre... et il y a les "je-m'en-fous-je-me-pose-pas-la-question-c'est-trop-pratique". Mais bon, moi je pense qu'il est bon de se la poser quand même la question et de savoir à quoi on s'expose en tant que femme libre sexuellement.

Non parce qu'au départ c'est ça, on décide de prendre la pilule quand on décide d'avoir une vie sexuelle régulière. En tous cas, à mon époque, dans le milieu des années 90, c'était comme ça. Telle ou telle avait un copain et hop elle prenait la pilule. Et je n'ai pas dérogé à la règle... prendre la pilule, c'était un sacré pas vers la maturité. On devenait une femme. En gros j'étais super fière de la prendre. Je me rappelle encore de ces plaquettes de petites boules roses inoffensives. Y en avait des jaunes aussi je crois... enfin bref, je m'égare.

Pourtant, je l'ai pas prise longtemps... je ne sais plus trop bien pour quelle raison au départ... il me semble que c'est parce qu'à la suite d'une rupture je me suis dit que c'était idiot de la prendre pour rien. 

Et puis je ne l'ai jamais reprise (enfin si, pendant 4 mois, avant et après mon ablation de la thyroïde, où j'avais une interdiction totale de tomber enceinte). Mais j'y ai été contrainte. 

Sinon non, j'ai toujours fait sans. Et je ne suis jamais tombée enceinte sans le vouloir. Pendant 10 ans, en période non reproductive, j'ai obligé mon mari à utiliser des préservatifs (j'ai d'ailleurs à ce titre, pour la petite anecdote, été traitée de femelle castratrice par mon gynécologue en raison de ça (il faut VRAIMENT que je change de gynécologue). 

Perso ça m'a jamais dérangé les capotes... je trouvais ça même plutôt pratique. 

Bon et finalement, après moultes réflexions et hésitations, j'ai opté pour un stérilet... au cuivre évidemment (sinon aucun intérêt, on aura bien compris). 

Ca n'est pas sans contrainte, soyons clairs... la pose m'a fait mal (je préfère même pas penser à la "dépose" pour l'instant), j'ai souffert le martyre pendant les heures qui ont suivi... et je me tape des règles plutôt plus longues, plus abondantes et plus douloureuses... sans que ce soit forcément systématique non plus. Mais comme dirait mon gynécologue... "C'est VOTRE faute, c'est VOUS qui avait choisi un stérilet au cuivre. Moi je vous ai conseillé un stérilet hormonal" (oui d'après mon gynécologue, le stérilet hormonal est le stérilet de la femme moderne... pas de règle, on oublie qu'on est une femme en fait. Le stérilet au cuivre est celui de la femme de cromagnon. (Ai je déjà dit que je devais changer de gynécologue ?) Et pourtant je ne regrette pas.

Il n'a jamais voulu comprendre ce besoin que j'avais en tant que femme d'avoir mes règles. Ca peut paraître dingue, je sais, quand on m'entend me plaindre dès qu'elles arrivent. Mais c'est le cycle de la vie, une condition féminine sans laquelle je ne me sentirai plus tout à fait femme je pense.

La pilule, je ne l'ai jamais reprise parce que j'ai eu peur. Je ne saurais pas dire pourquoi... je ne me rappelle pas. Même s'il me semble que mon généraliste m'avait plus ou moins mis la puce à l'oreille en me disant par exemple qu'il ne prescrivait plus la pilule à des femmes de plus de 30 ans qui fumait... MAIS POURQUOI PUISQUE C'EST SANS DANGER ET QUE CA EVITE MÊME LE CANCER DU SEIN ??? A l'époque (il y a au moins 15 ans) il voulait déjà parler de l'accident tromboembolique dont on a entendu parlé il n'y a pas très longtemps il me semble.

Mais il n'y a pas que ça... on peut causer de ça aussi : http://www.terrafemina.com/forme/sante/articles/31981-octobre-rose-la-pilule-contraceptive-responsable-de-lepidemie-de-cancer-du-sein-.html (je te laisse lire... et puis il y a pléthore d'articles forts instructifs qur la question) dont je ne ferai pas la liste ici. 

Bref, je comprends ces femmes, ces jeunes filles qui ne veulent pas savoir... qui pensent que parce que leur gynécologue la leur prescrit c'est forcément sans danger, parce que c'est très confortable la pilule (comparé au reste j'entends).

Mais pourtant des fois ça me donne un peu envie de crier de voir qu'on bouffe ça comme des bonbons, sans parler des risques... genre là : http://www.choisirsacontraception.fr/moyens-de-contraception/la-pilule/

Une question que je me pose... (même si j'ai quelques pressentiments sur la réponse) c'est pourquoi en dehors du préservatif, il n'existe pas de contraceptif masculin ? Et donc en dehors du fait d'avoir un bout de plastique sur la bite (pour ceux qui acceptent) les hommes ne subissent aucun désagrément de la contraception. Et c'est un truc que je trouve parfaitement injuste. Là dessus l'égalité homme/femme a de gros progrès à faire. 

Et sinon soyons clairs : pilule /stérilet hormonal/patch/implant... même combat. 

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Rédigé par A L I

Publié le 6 Mars 2014

Quand j'étais très jeune (hier en fait) j'étais amoureuse d'un canadien. Forcément c'était pas pratique parce qu'il habitait au Canada (je te laisse comprendre la difficulté par toi même). Jeune et insouciante, prête à conquérir le monde, je m'organisais tant bien que mal pour pouvoir traverser l'océan de manière définitive (je pensais à l'époque que la vie était facile et que ce serait relativement finger in the nose, je me trompais lourdement, mais c'est une autre histoire).

Outre atlantique, mon cher et tendre ne faisait pas grand chose pour me faciliter la chose et avait utilisé l'argent gagné à un jeu de grattage pour s'acheter un ordinateur (au lieu de venir me voir). J'aurais dû sentir à cette époque que le vent ne soufflait par ouest-est mais rappelle toi... j'étais jeune et insouciante.

BREF (non parce qu'en fait ce que je raconte là n'a pas grand intérêt pour la suite)... au moment où je devenais pressante sur ma venue et après un an et demi de relation (très longue distance), l'être aimé m'a envoyé un mail ,  pour me dire que ça pouvait plus durer parce qu'il faisait trop de "panic attack". QUOI ? COMMENT ? QUOI QU'EST-CE ?

J'ai vraiment cru à cette époque, qu'il se foutait de ma gueule. Qu'il avait rien trouvé de mieux que la crise d'angoisse pour me larguer. Parce que pour moi, ça n'existait que dans la tête ces trucs là.

Et donc tu viens de comprendre que si je t'ai raconté tout ça, c'est parce que j'ai vraiment changé d'avis sur la question depuis. 

Je ne sais plus exactement à quand remonte mon anxiété. Mais il me semble que ça date de ma première grossesse. Avant ça je ressentais du stress parfois, mais ça avait toujours une raison... un exam, quand je me suis perdue dans l'aéroport de Toronto avec deux valises de 20 kg chacune à trimabller, un discours devant 200 personnes, mon premier jour de chargé de cours devant une classe de DEUG... les mains moites, les palpitations et le bide en vrac. Normal quoi. Des sensations humaines très ponctuelles.

Et puis un jour, ça a commencé à devenir plus fréquent, à se produire sans raison apparentes ou connues... et avec les années, ça s'est aggravé. Pour devenir carrément handicapant. Ont commencé alors des crises d'arogaphobie et de claustrophobie. Je sortais de moins en moins, je me repliais sur moi même. 

Mais je restais soft sur les anxyolitiques. C'était uniquement en cas de grosses crises souvent liées à l'état de santé de mes enfants. 

Quand l'Ex-mari est parti, je suis passée à la vitesse supérieure. Il fallait tenir le coup pour les enfants, ne pas s'effondrer. J'en prenais souvent pour dormir, dès que je sentais poindre une crise. 

Mais petit à petit, même quand ça allait bien mieux dans ma vie, les crises se sont fait de plus en plus violentes. Et sans que j'en explique la raison. 

La peur domine systématiquement... mais la peur de quoi ? C'est un mystère. Les symptômes sont bien évidemment invisibles pour les autres : oppression thoracique, mal au ventre, palpitations, jambes coupées, nausées (ça peut aller jusqu'aux vomissements dans mon cas), tremblement, bouffées de chaleur, hyperventilation (là ça commence à se voir), impression que tu vas mourir, alors que tu sais pertinemment que non. Et parfois, ça se termine dans mon cas en crises de tétanie. 

Puis un jour, j'ai fait une dépression. Ou en tous cas un gros gros burn out. Complètement au fond du trou j'ai fini par céder au traitement d'anti-dépresseurs après 3 semaines de lutte sans résultat. C'était un gros échec pour moi, je pensais que j'étais assez forte pour lutter contre ça. 

Une fois que le traitement a commencé à faire effet, les crises d'angoisses se sont espacées... pour finalement complètement disparaître. Ce fut pour moi un soulagement ENORME. Je ne le sentais plus, ce truc qui me bouffait de l'intérieur. C'était vraiment magique.

J'ai réduit la dose des anti-dépresseurs assez vite et ça allait bien. Ca allait tellement bien que je les oubliais très souvent. Donc, j'ai fini par arrêter. Après 4 jours d'oubli, je me suis dis que ça valait mieux

Aujourd'hui ça fait 4 mois. Il aura fallu 4 mois pour que l'angoisse, cette petite salope vicieuse, revienne. Doucement d'abord, me faisant croire que je pourrais la gérer. Puis un mauvais sommeil, la reprise progressive d'anxyolithiques, auront eu raison de ma "volonté". 

Tout ça arrive malgré tout l'amour et le soutien que je reçois tous les jours. 

Evidemment, je vis ça comme un échec, encore une fois. Même si ma psy me dit que je manque juste de sérotonine et que je n'y suis pour rien. Alors j'essaie de la croire. 

Ce que je sais c'est que je ne veux plus vivre avec la boule au ventre en permanence. Pour l'instant c'est le seul truc qui compte. Parce qu'il faut avancer, encore, faire des projets,... et avec ça c'est pas possible. 

Cette petite molécule me permet de le faire, alors je vais la reprendre.  

 

 

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Rédigé par A L I