La garde partagée ou résidence alternée

Publié le 3 Janvier 2014

Un gros mot encore pour beaucoup...

C'est avec un peu de recul que je me permets aujourd'hui d'en parler et probablement d'enfoncer des portes ouvertes.

2 ans et des brouettes de garde alternée pour mes chers bambins, qui je le rappelle au moment des faits, avaient 2 et 5 ans.

Ce choix de ce mode de garde n'est pas de mon fait. Même qu'au tout départ, l'ex-mari étant allé consulter une avocate avant de me dire qu'il me quittait, s'était renseigné sur la question et au moment de la séparation m'avait dit que c'était comme ça maintenant, que la garde alternée se pratiquait obligatoirement (sauf cas exceptionnel). Moi je l'ai cru hein.

Bon au final, que la vérité soit différente importe peu. Ce qui comptait pour moi à l'époque (et encore maintenant) c'est que cet homme, qui me faisait défaut en tant que mari, comptait assumer son rôle de père et c'était ça LE principal.

Non parce que j'ai jamais été la mère ultra maternelle qui lâche pas ses gosses... chez nous le partage des tâches était équitable et en particulier en ce qui concernait les enfants. Donc il était logique que ce partage continue dans la séparation.

Et puis autant te le dire ici, je travaille et ce travail n'est pas hyper compatible avec la vie de famille.

Bien sür pour moi, ce fut un sacré crève-coeur au début... et deux ans après, ça l'est toujours par moment. Mon Highlander d'amour n'avait que 2 ans... et même si par moment il était chiant comme une moule accrochée à son rocher (j'étais le rocher, il était la moule), c'était MON BÉBÉ ! Se retrouver toute seule au début, ça a été dur, très dur. On passe d'une vie de famille à 4 à... rien. En plus c'était l'hiver, la saison creuse pour moi, même pas de quoi m'occuper professionnellement pour tuer le temps.

Pour mon Chameau, c'était moins dur. Il avait toujours été très proche de son père (et il l'est toujours d'ailleurs).

Une amie m'avait dit : "Tu verras, bientôt, tu vas adorer ça !" Bon j'en suis jamais arrivée là... mais très vite les ramener chez leur père le vendredi soir fut un réel soulagement. S'occuper seule de 2 enfants, je savais pas faire et je faisais mal. Je profitais de rien... les semaines sans eux étaient déprimantes, et les semaines avec eux assommantes. Highlander en était à l'âge du "j'ai pas sommeil le soir" et c'était l'enfer. A deux c'était encore à peu près gérable... toute seule... j'ai passé des soirées entières à pleurer devant la porte de sa chambre.

Bref c'était pas rigolo quoi. Mais j'avais une semaine sur deux pour me remettre.

Aujourd'hui j'arrive de plus en plus à "apprécier" leur absence mais également, leur présence. Parce que je ne vis plus seule depuis 7 mois et ça, ça a énormément changé la donne. Retrouver une vraie vie de famille, être deux pour s'occuper des enfants, ne plus être seule quand ils ne sont pas là. Tout ça fait que je vis la situation beaucoup mieux qu'auparavant (je profite de cette tribune pour remercier #MonAmour pour son investissement dans la vie des mes enfants, son intégration en tant que "beau-père" s'est faite doucement et sans heurt... avec beaucoup d'intelligence, de respect et d'écoute de sa part). 

Mais et eux dans tout ça ?

Parce que finalement, dès le départ on se dit qu'il n'y a qu'eux qui comptent. Puis finalement, on réalise que leur épanouissement passe aussi malheureusement par le nôtre et que d'être malheureux ne les rendra définitivement pas heureux.

A l'époque j'avais lu des horreurs qui m'avait fait franchement douté du bien fondé de la décision de l'ExMari. La garde alternée était et est toujours inenvisageable pour des enfants de moins de six ans... ne parlons même pas des moins de trois ans pour qui cela s'assimile à de la maltraitance à en lire certains. Imagine vaguement la culpabilité qui m'assaillait à ce genre de lecture.

Aujourd'hui je sais que la résidence alternée impose quelques règles...

- une résidence des parents proche. L'enfant doit vivre dans la même ville, évidemment fréquenter la même école et faire les mêmes activités.

- une parfaite entente (si si c'est possible) entre les parents et donc une grande communication. Pour le partage des frais, notamment, c'est primordial.

- un niveau de vie (financier) équivalent ou à peu près.

- des règles de vie relativement similaires...même s'il y a des choses que l'on a le droit de faire chez Maman et pas chez Papa et inversement (genre chez Papa on mange des glaces à tous les repas et chez Maman y a la télé et la Wii... chacun ses petits plaisirs !). Disons que la ligne éducative doit rester cohérente d'où l'exigence d'une bonne entente entre les parents.

Bien sûr, il ne s'agit que d'un témoignage de ma situation... et pour l'instant (je ne décide pas que tout est gagné mais) ça va bien. Jamais de pleurs ou de signes d'angoisse quand il faut changer de domicile, ils sont même plutôt contents et excités quand le vendredi soir arrive. On entend évidemment régulièrement des "JE VEUUUUX PAPAAAAAA" lorsqu'il y a contrariété... ce qui finalement arrivait déjà quand on était pas divorcé.

Pour moi, le principal dans tout ça, c'est que mes enfants ont un père qui est aussi présent que leur mère, autant investi dans leur éducation et dans leur épanouissement.

On s'est dit que quand ils seraient ados, il décideraient eux même du rythme de l'alternance et qu'ils seraient libres d'aller chez qui ils veulent. Ils ont deux maisons, une à la ville et une à la campagne, y a pire ;) Ils pourront même décider qu'ils ne veulent plus de cette alternance et vivre chez l'un ou l'autre. Mais pour l'instant ils ont besoin de nous deux et on a tout les deux besoin d'eux. Le couple est mort mais la famille persiste malgré tout. Pour l'instant on répond le plus possible à leur besoin de voir l'un ou l'autre... quand je leur manque, je passe les voir chez leur père et inversement. Ils savent qu'on est là tous les deux pour eux. 

 

Le fait qu'ils soient deux et vivent tout ça ensemble m'a beaucoup réconforté personnellement. Ils gardaient un repère stable... leur frère. Cet épisode les a énormément rapproché. Evidemment je ne sais pas quelle serait leur entente aujourd'hui s'il n'y avait pas eu de divorce, mais aujourd'hui j'ai deux petits garçons hyper complices et ça me plait.

Bref, tout ça pour dire que OUI ça peut bien se passer une garde alternée (ok on en reparle à l'adolescence) avec de bons ingrédients, c'est d'après moi, une solution épanouissante pour tous. 

Rédigé par A L I

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charles 24/11/2014 20:28

Pour ceux et celle qui sont en résidence alternée, il y a cette nouvelle application qui facilite l'organisation et la gestion de ses enfants
https://www.youtube.com/watch?v=giOGbdO2I9k

garde alternée 25/10/2014 13:24

dans un univers où les femmes et les hommes travaillent, le choix de la garde partagée se fait de lui même, de plus l'enfant pourra grandir sans trop se séparer de ses parents.

Femin'elles 04/01/2014 16:57

Séparée depuis 6 mois, le papa a émis le souhait de la garde partagée depuis le début. J'ai refusé, le dernier avait 1 an à l'époque j'avais peur qu'il soit perturbé et moi je n'étais pas prête du tout.. Je commence seulement maintenant à l'envisager, je sais qu'on mettra ça en place, d'ici 1 an je pense.

Béatrice 03/01/2014 21:05

Beau témoignage ! Mais comme tu le dis, il faut les bons ingrédients et une entente parentale sans faille ... Plein de belles choses pour 2014 !

Ali 04/01/2014 18:39

Merci et à toi aussi ! Plein de bonheur pour 2014 !