Attachement et bébé

Publié le 28 Janvier 2013

Depuis quelques temps, je suis donc en "thérapie". Enfin, ça fait longtemps en réalité, mais dernièrement, elle a pris un nouveau tournant... un tournant sérieux. Une dépression oblige à ce genre de changement. La question de la dépression est pourquoi ?

Vous connaissez le refrain... on remonte à l'enfance. On essaie de comprendre qu'elles sont les failles de cette époque qui font les failles de maintenant. 

Je suis en train de lire un bouquin de Catherine Dumontheil-Kremer, et ma conviction profonde y est magnifiquement décrite... "il a été très fréquemment conclu que les bébés ont peu de besoins et que le fait de pas les combler n'a pas beaucoup de conséquences. Or c'est exactement l'inverse qui se produit: plus un enfant est petit, plus grandes sont les conséquences des absences de réponse à ses demandes, plus il continuera à les ressentir à l'âge adulte". C'est typiquement ce qui m'arrive. Je sais aujourd'hui qu'il y a eu des failles affectives dans ma toute petite enfance... liées à des ignorances ou des conneries ("mais laisse la pleurer, ça va lui faire la voix, ça va la fatiguer et elle dormira mieux... mais ne la prend pas dans les bras, elle va être capricieuse..." qui n'a jamais entendu ce genre d'inepties redoutables ?) ou liées au travail de mes parents à l'époque et de leur non disponibilité (on est tous, en tant que parent, confronté à ça à un moment donné). Loin de moi l'idée de leur jeter la pierre... j'ai eu le même genre de comportement avec mon fils aîné. Et je sais aussi que ce n'est jamais fait dans le but de nuire, bien au contraire.

Mais on se trompe et j'en suis intimement convaincue. 

"Lorsque les besoins du bébé sont comblés dans la sécurité et l'amour, celui ci enracine son indépendance sans aucune crainte d'être abandonné. Il sera autonome avec plaisir et force quand le moment sera venu. S'il vous demande, s'il veut vos bras plus que tout, ce n'est pas la de la manipulation mais l'expression d'un besoin vital (de jour comme de nuit). En y répondant vous agissez sur son estime de lui-même, estime qui se construit tout doucement dans la chaleur de vos bras, toujours prêts à l"accueillir. Il existe différentes façons de vivre ce parentage du tout petit. On peut l'allaiter à la demande, le porter le plus souvent possible, dormir avec lui, le masser, lui chanter une comptine, le bercer..." *

Ma petite expérience parentale ne fait que conforter tout cela. Sans vraiment le savoir, mais uniquement parce que je le ressentais ainsi, que mon instinct de parent pouvait enfin s'exprimer et ne plus répondre à une pression sociale à la con, c'est ce que j'ai adopté avec Highlander qui aujourd'hui se révèle un enfant beaucoup plus indépendant que son frère, plus sûr de lui... Le Chameau est un enfant anxieux, qui n'a pas confiance en lui et qui a besoin de ses parents pour chaque geste du quotidien. Highlander,avec ses 3 ans de moins, se révèle déjà plus indépendant que son frère. J'ai allaité Highlander à la demande, parfois toutes les 1/2 quand il en avait envie, je sortais mon sein dès qu'il ouvrait la bouche, j'ai porté Highlander beaucoup plus que son frère, j'ai dormi avec lui, je l'ai bercé pour l'endormir... aujourd'hui, malgré qques petits soucis d'endormissements le soir, c'est un enfant bien moins capricieux que son frère au même âge.

Accompagner son bébé d'une manière très affective, proche physiquement, c'est lui permettre de se détacher en confiance, seul. Le cordon sera coupé plus vite et de façon beaucoup plus nette. 

On ne pose pas de limite à un nourrisson. JAMAIS. 

Je sais aujourd'hui que j'ai moi même manqué de cet attachement secure, qui fait ce que sont mes névroses d'aujourd'hui. Mon intention est de réparer tout cela pour ne plus avoir à en souffrir, ou en tous cas beaucoup moins. 

Pour mes enfants, je suis sûre de pouvoir réparer beaucoup de choses avec le grand grace à cette prise de conscience. Il faut que j'en trouve encore les moyens efficaces. Pour le petit... il faut que je réalise qu'il n'est plus un nourrisson ;) mais ces élans d'indépendance vont m'y aider, j'en suis sûre. 

 


* Catherine Dumontheil-Kremer "Poser des limites à son enfant (et le respecter)", Jouvence éditions, 2004. 


Rédigé par A L I

Publié dans #Divagations...

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maud 03/03/2013 15:08

je vais acheter ce livre..... je comprendrais surement plus sur moi

cathclaire 28/01/2013 21:29

Très bon article. Je n'ai pas écouté ceux qui me disait de laisser les enfants pleurer, attendre pour les nourrir... Pour mes deux enfants, et pourtant, mon ainée de 16 ans réagit comme tu le
décris pour ton fils. Et mon cadet est gai, indépendant, sur de lui... La place dans la fratrie est importante aussi.

Fredauboulot 28/01/2013 17:29

Je pense avoir fait la même erreur avec n°1. Les premiers essuient les plâtres...
En plus, du fait de son mode de pensée, il a un gros problème de confiance en soi.
Comment faire pour réparer maintenant qu'il est ado...
Je te souhaite bonne chance dans ta reconstruction.
Des bisous.

Béatrice 28/01/2013 17:19

J'ai lu ce bouquin récemment en me disant que j'avais un peu raté un truc pour Grand Mec N°1, et pour P'tit Mec N°3 aussi ..., et comme ils sont ado et jeune adulte, ça va être plus compliqué à
"réparer" ...

sophie 28/01/2013 16:55

On a les mêmes enfants ????? Pour la 1ere, j'ai adopté forcement les postures que je connaissais : pas trop de bras, je laisse pleurer (enfin dans la mesure du raisonnable, hein !)... N°2 a été
allaitée à la demande pendant 10 mois, portée .... et c'est la plus sûre d'elle, la plus câline, la plus cool. Quelquefois, ça me terrifie, j'ai l'impression d'avoir, par ma faute, fragilisé ma
n°1.
Je te souhaite de bien avancer !!