Dépression, épisode 1

Publié le 20 Mars 2013

Il y a 6 mois, j'écrivais ça. Malgré la douleur, j'avais ce ton positif que je me connais bien devant les autres... t'inquiètes, ça va aller, ça va toujours. J'ai divorcé tu vois, mon bébé a failli mourir quand il est né,... j'ai passé tout ça sans encombre... c'est pas une petite rupture (et puis autant te dire que c'était pas la première fois) qui va me voir m'effondrer.

Et ben SI.

Mais avec le recul aujourd'hui, je sais que cette rupture n'était qu'une petite goutte d'eau dans un vase beaucoup trop plein depuis un moment. Je m'étais absolument refusé à voir ce vase. C'était pas moi ce vase. 

Et pourtant. 

15 jours après ce billet, je sombrais. Vraiment très très bas. Plus bas que je n'avais jamais été. Il n'y avait plus rien... Ah si la culpabilité était bien là elle. Celle qui te dit que tu n'as pas le droit, que tu as TOUT pour être heureuse. Que tes enfants sont en bonne santé (et que toi aussi). Mais COMMENT peux tu faire ça à tes enfants ? Ils se remettent à peine de ton divorce et paf, tu leur montres une mère au bout du rouleau, qui n'a plus de goût à rien... même plus à eux. 

Je ne me reconnais plus. Je n'y arrive plus. Ma volonté s'est faite la malle en emportant tout avec elle. 

La famille, les amis sont là.

- "Mais bouges toi bordel de merde !" (sont vulgaires des fois)

- "On est là pour toi hein, mais on déteste te voir comme ça"

- "On ne peut plus te voir comme ça."

L'impuissance de ce qu'on aime, on se la prend finalement en plein dans la gueule. On s'en veut, encore. On leur fait vivre des choses difficiles, ils n'ont rien demandé. 

Une seule personne à ce moment là entend, comprend, soutient, supporte, aide, porte... c'est l'ex-mari. Pendant une semaine il vient vivre chez moi et prend tout en charge.

Mais malgré ça, je m'enfonce. Parfois, une nuée d'espoir fait son apparition... ça va mieux. Bon c'est pas encore ça hein, mais je remonte la pente. Ah ben non, en fait c'était pour de faux, me revoilà la tête plaquée contre le caniveau...

S'en sortir. Ça devient l'obsession. Il reste des miettes de force là, tout en bas. Je les ramasse. Ces miettes là, c'est la bénédiction au traitement. Pourtant, j'ai lutté, plusieurs semaines...

Non je ne passerai pas par là.

Non je ne suis pas dépressive.

Non je suis forte, je vais m'en sortir seule.

Mais même ma naturopathe, ma masseuse, ma reflexologue, mon ostéopathe... en me voyant, me font comprendre que ce sera peut-être bien un passage obligée pour moi (oui, ok j'ai un peu abusé sur les médecine parallèles en attendant).

Le sursaut de vie à ce moment, il est pour les autres, j'avoue. D'où l'intérêt d'être bien entourée. C'est le déclencheur. Je le fais pour eux puisque pour moi je n'y arrive pas. 

J'accepte au bout de trois très longues semaines de voir un psychiatre (une en l'occurrence, mes antécédents avec des mâles dans ce domaine ne sont pas très concluants) et de prendre de la Paroxetine. C'est fait, je commence.

Je sais que ça va être très dur au début. Je fuis, je me réfugie dans le giron de ma chère tante qui va s'occuper de moi comme d'un nourrisson pendant 5 jours. C'est important, c'est le début d'une renaissance. Elle ne me juge pas, elle m'écoute, me comprend. Je ne lui fais pas peur... ou en tous cas, elle a l'intelligence et la force de ne pas me le montrer. 

Pendant ces 5 jours, je vais me recroqueviller parce que j'en ai enfin le droit. Je vais subir ce traitement chimique qui me fait du mal... Nausées, vertiges, sensations de mal-être amplifiée, insomnies, angoisses... l'effet est loin d'être magique au début... il faut du temps. Mais je me suis promis d'avoir la patience et je l'ai. 

... to be continued...

Rédigé par A L I

Publié dans #Divagations...

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Coco 28/03/2013 22:01

Depuis le temps que j'attends un de tes billets... si tu savais comme j'aurais aimé lire autre chose ... mais te connaissant je sais que le dénouement sera positif, je sais que ce qui t'attends
derrière toutes ces épreuves c'est un putain regain de vie.
En attendant je sais que tu sais que je comprend. Alors ici ou ailleurs sache que je suis là si tu ressens le besoin.
Je t'ai pas dit mais tu me manques, beaucoup.
Biz mon Alimatelle.

A L I 27/04/2013 16:04



Toi aussi tu me manques... faut que je t'envoies un mail !



imperetsa 26/03/2013 14:25

Je connais ce genre de situation, je pensais que je pourrai m'en sortir seule...même tes proches ne peuvent rien faire (meme si leur présence a été essentielle a ma guérison '_')
Bon courage en tout cas...ce n'est peut etre qu'une période qui va vite s'arrêter

A L I 27/04/2013 16:03



Oui, elle s'est arrêté très vite finalement...



Petite maman 26/03/2013 09:19

;-( moi je préfère lire le prochain billet....

Madame Sioux 25/03/2013 09:57

Merci de nous livrer ton récit et de nous montrer qu'il est possible de s'en sortir, peu importe "pour qui" on fait le premier pas à la base.
En attendant de lire la suite, j'espère que ça va bien mieux depuis !
Gros bisous :-)

A L I 27/04/2013 16:02



Oui il faut un déclencheur bien souvent pour tomber dans une dépression, mais je pense qu'il en faut un aussi pour en sortir



Elle 22/03/2013 16:43

Merci d'avoir le courage de partager ce moment de ta vie avec nous.

A L I 27/04/2013 16:02



C'est pas du courage hein :) Mais c'est important pour moi que ce sujet ne soit pas aussi tabou.