La naissance de Bébé H.. épisode 1.

Publié le 28 Octobre 2010

Le 28 octobre et les jours suivants...

 

Mon tout petit bébé d'amour,

 

Tu es né mais tu n'es pas dans mes bras. Ce soir tu es dans un petit lit en réanimation à Bordeaux, à l'hôpital des Enfants.

 Ta naissance s'est très bien passée. la césarienne s'est bien déroulée, j'étais bien, sereine. Tu es arrivé et le pédiatre t'a emmené tout de suite. Puis la sage-femme t'a amené à moi. j'ai vu ton tout petit visage quelques secondes et je t'ai dit à tout à l'heure... je savais que tu allais retrouver ton papa en attendant que je te retrouve à mon tour.

 Tout allait bien pour moi en salle de réveil alors ils ont décidé de me remonter vite en chambre pour que je puisse t'allaiter tout de suite. Mais quand je suis remontée, tu n'étais pas là... la chambre était vide. On m'a alors dit que tu arrivais. Mais comme tu n'arrivais pas et que j'insistais, on m'a dit que tu avais bu beaucoup de liquide amniotique en sortant de mon ventre et qu'ils te donnaient un peu d'oxygène pour t'aider un peu. Alors j'ai attendu. Mais tu ne venais pas. Ton papa est finalement venu me dire que tu ne récupérais pas assez donc ils préféraient te laisser encore sous oxygène. Puis vers 14 h, le pédiatre est venu me voir pour me dire que ça n'allait pas mieux et que tu devais être transféré à l'hôpital parce qu'ils n'avaient pas ce qu'il fallait ici pour te soigner. J'ai fondu en larmes. Tout s'est écroulé autour de moi. Je n'ai pas pu te voir. Tout ce dont j'avais rêvé, tout ce que j'avais imaginé... tout cela a disparu en quelques secondes. J'en oublie de dire que tu es né à 8 h 49 et que tu faisais 48 cm et 3 kg 230.

 

Ce que je ne racontes pas à Bébé H. à ce moment là c'est que je ne sais pas du tout ce qu'il lui arrive. Personne ne vient me dire que ça va aller, qu'il ne va pas mourir... et moi à ce moment là je pense vraiment que je ne verrais jamais mon bébé vivant.

 

A l'hôpital, on t'a mis sous assistance respiratoire et ton papa est vite venu te voir, et il a passé un long moment avec toi et il a pu te prendre en photo et en vidéo pour que je puisse te voir.

La journée a été très longue pour moi... j'attendais de tes nouvelles à chaque instant. je n'ai pas dormi de la nuit. Juste 2 heures après qu'on m'ait donné 1/4 de lexomil. mais j'avais mal et j'étais horriblement inquiète. Ton papa a dormi avec moi et on appelé dans la nuit à l'hôpital pour avoir de tes nouvelles. Tu étais stable.

Le lendemain ils ont même pu t'extuber et tu respirais tout seul avec juste un petit apport en oxygène dans le caisson que tu avais sur la tête. On a été rassuré. Je devais te retrouver le lendemain matin.

Aujourd'hui, je ne sais toujours pas ce qu'il s'est passé. On sait simplement que tes poumons étaient immatures mais on ne sait pas pourquoi. Certains mettent en cause mon diabète gestationnel mais je n'en sais pas plus.

Dans la nuit de mardi à mercredi, l'hôpital nous a appelé pour nous annoncer que tu faisais un pneumothorax et qu'il fallait donc te ré-intuber. L'hôpital dans lequel tu étais n'étant qu'un niveau 2, il fallait t'envoyer au CHU de Bordeaux. Tu es donc partit dans la nuit, en ambulance sans que j'ai pu te voir. Ton père est vite venu avant qu'ils ne t'emmènent.

Moi, heureusement une sage-femme est venu me voir et m'a parlé pendant que ton père était parti.

 

Parce qu'à ce moment là, je pense vraiment qu'il va pas survivre et moi j'ai l'impression que je vais mourir aussi.

 

Elle m'a expliqué ce qui t'arrivait et j'ai pu lui parler. C'était très dur parce que ton état s'aggravait et l'espoir de te ramener à la maison s'éloignait encore... Quand ton père est rentré on a essayé de se reposer, mais c'était trop dur. Je pleurais sans arrêt.

Heureusement toute l'équipe de la maternité a été super et la sage-femme a organisé mon transfert sur Bordeaux très vite. j'ai pu partir à 14 h en ambulance. Ton papa est rentré à la maison avec ton frère qui était venu me dire au revoir, pour prendre des affaires et nous rejoindre après.

Arrivé à la maternité du CHU la sage-femme a tout de suite appelé les ambulanciers pour qu'ils m'accompagnent à la réa pour te voir. Ton papa m'a rejoint là-bas et j'ai pu enfin te voir.

 

C'est très étrange parce que je me sentais tout à fait incapable de le voir toute seule. Et de le voir tout court en fait. On m'a "obligé" en quelques sortes. J'ai évidemment jamais pu dire que je ne voulais ou ne pouvais pas le voir (et je ne lui ai évidemment pas écrit). Je n'ai compris qu'après que c'était vital pour lui et pour moi aussi. Je pense aujourd'hui que mon cerveau s'était mis en mode auto-défense... genre je ne peux pas m'attacher à un bébé que je vais perdre... enfin en résumé parce que c'était super compliqué en vrai.

 

Ça a été très dur de te voir là. Avec tous ces tuyaux partout. Ça m'a fait vraiment de la peine. Tu avais ton tube dans le nez pour faire marcher tes petits poumons, un drain thoracique dans ton poumon pour vider l'air du pneumothorax, une sonde dans le nombril pour les médicaments, une sonde urinaire, un cathéter dans la main, des capteurs de saturation d'oxygène à la main et au pied, une sonde gastrique et puis il y avait tout un tas de machines branchées sur ces tuyaux qui faisaient des tas de bruits. Et tu avais aussi des électrodes pour surveiller ton coeur. On a pas pu rester longtemps du tout parce que les ambulanciers m'attendaient. Je n'ai pas pu te parler, ni te toucher. j'étais trop impressionnée.

 

Je ne reconnais pas mon bébé. Je ne ressens rien. C'est super atroce comme sentiment.

 

Le jeudi, ton papa est venu te voir le matin et il a pu participer à tes soins. Moi je ne suis venue que l'après-midi parce que j'étais trop fatiguée par la césarienne.

 

En vérité je me sens incapable de retourner le voir. C'est trop dur. Il va me falloir toute la matinée pour prendre mon courage à deux mains et me "forcer" à y aller.

 

Lors de cette 2e visite du jeudi, j'ai réussi à te parler un petit peu et j'ai commencé à te toucher les pieds, les main, la tête.. tu astrois puéricultrices en particulier : Juliette, Marie et Perine. Elle s'occupent bien de toi. Je crois même que Juliette t'aimait beaucoup.

 

C'est assez perturbant de voir d'autres femmes s'occuper de ton bébé... des femmes qui n'ont pas d'enfants en plus et qui, à ce moment là, savent mieux que toi comment s'occuper de ton bébé. C'est aussi ce qui rend l"adoption" difficile. A ce moment là c'est encore "leur" bébé.

 

To be continued...

Rédigé par A L I

Publié dans #Highlander alias Bébé H. et sa Maman

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Le Rire des Anges 28/10/2015 07:25

Ce que c'est difficile et éprouvant ce que tu partage là...

Ali 03/11/2015 09:21

Oui... mais heureusement c'est loin loin loin maintenant.

Elsa 08/11/2010 15:54


Ouhlàlà, ça me fait monter les larmes aux yeux ... et ça me renvoit 6 ans en arrière, à la naissance de Thibault. Grosse détresse respiratoire après un accouchement très long, mon souvenir le plus
marquant c'est celui de la sage-femme répétant nerveusement "allez, respire bébé ! respire, respire !!" pendant que la salle d'accouchement se remplissait de monde et que mon tout petit était
embarqué en réa néonat'. Je l'ai vu la première fois 16 heures plus tard, j'ai connu ce sentiment étrange et culpabilisant de devoir s'en remettre à quelqu'un pour savoir lequel est SON bébé au
milieu de tous les autres, j'ai été "maman de Thibault" pour le personnel médical pendant 10 jours, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps chaque fois qu'il fallait déplacer le cathéter bouché
pour sa perf (à la fin, faute de trouver des veines accessibles, ils l'avaient mis dans la fontanelle puis dans les tempes, au secours !!). J'étais terrifiée parce que la seule info concrète dont
je disposais était son score d'Apgar à zéro dans son carnet de santé. Je savais qu'il vivrait mais j'avais peur des séquelles possibles. J'ai connu le retour à la maison et le berceau vide, les
nuits à mettre le réveil pour tirer mon lait ...
Aujourd'hui il a 6 ans et il pète la forme. Je ne veux garder que le souvenir d'un allaitement difficilement mis en place mais qui a permis de cicatriser tant de peines ...


A L I 08/11/2010 22:35



C'est vraiment en en parlant qu'on se rend compte qu'on est pas seule...



lilou 03/11/2010 13:16


je me rappelle tres bien de ton com sur mon blog apres la naissance de theodore, on avait parle de cesarienne, je disais que ca avait ete hard l'urgence et tout et tout mais a aucun moment avant
d'aller prendre des news sur ton blog je n'avais imagine ce que tu avais vecu... l'enfer!

Bon la comme les copines, je pleure memem si je sais que l'histoire se termine bien, tres bien et que ton bebe H bouffe maintennat du sable, marche, a souffle sa premiere bougie et va vite aller
voir un osteopathe pour te laisser dormir! kiiiiiiiiiiiiss


A L I 03/11/2010 18:13



Même si j'ai eu moins de chances que d'autres (y a des accouchement qui me font pâlir d'envie quand même)... j'en ai eu beaucoup plus que d'autres encore... je relativise beaucoup tout ça
maintenant. C'est le résultat qui compte hein !!



annabelle 29/10/2010 20:21


c'est pas drôle!!!!!!!! tu veux vraiment pas que je vienne dans cette histoire et que je te dise qu'il va bouffer le compost... faire du surf!!!
à Bordeaux y sont forts!!! l'était dans "de bonnes mains"!

bon le prochain post... faut que tu cours après tes brebis ou que le chameau mange des crottes de bique... faut que tu tapes fort pour nous faire marrer!!!! parce que là ça va pas du tout!
snnnnnniiiiiiiiiiiifffffffff


A L I 29/10/2010 20:25



Oui effectivement, il était entre de très bonnes mains. Pour ça pas de doute.


Oui bon on peut pas rigoler tout le temps hein ? Et puis l'histoire finit bien hein !!



Rose and Cook 29/10/2010 18:16


pfff buée sous les lunettes :-( il y a des histoires qui ne démarrent pas gaiement, durs 1ers moments pour toi et BB H.Je me languis le happy end du "to be continued".


A L I 29/10/2010 20:26



Oui heureusement il y a le happy end ;-)