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Welcome to Mademoiselle Rêve aujourd'hui ! Du talent pour un tas de choses dans un monde tout rose !
Je lui laisse raconter sa belle histoire :
Je me rappelle bien de ce 30 octobre 2004. Elle me laissait son appart’ qui contenait à la fois les chats à nourrir, l’aquarium à nettoyer et l’ordinateur avec l’internet illimité. Je me souviens de la création de mon profil sur ce bateau du ouèbe sponsorisé par le chien noir qui va chercher …
Furtive.
Je me souviens de ce pseudo, de cette idée de n’être que de passade et
donc du lâcher prise qui m’envahissait à chaque connexion.
Je me souviens des Cœurs Solitaires et de la Salle de Bal. Je me
souviens des énigmes et des /champagne /embrasse /striptease obtenus après des heures de tentatives pour faire parler Coco ou tomber le chandelier. Ce putain de chandelier.
Je me rappelles bien de toi. Tu me faisais rire. On a tchatté toute la
nuit. Et ça a duré dix jours. Je passais 20h sur 24 sur cet ordi. Je ne sortais plus, mangeais, fumais devant ce pc qui me reliait à toi. Je passais beaucoup de temps à attendre ton entrée dans
le chat. Tu travaillais 10h par jour, tu avais la moto, les copains. Parfois j’attendais pour rien.
Et puis je me rappelle de la tête de ma pote, revenu 1 jour plus tôt
que prévu, des poissons presque tous morts, des chats qui ne semblaient pas super contents de leur litière, de cet appart’ que j’avais laissé fermé 10 jours.
Je me souviens du vide intersidéral que tu as laissé quand j’ai
retrouvé mon chez moi, mon sans internet. Et je me souviens de la tête du vendeur orange quand je lui ai dit que j’avais besoin d’un modem et d’internet illimité pour le
lendemain.
Je me souviens des frissons que j’ai eu quand j’ai pu me reconnecter.
Des messages que tu m’avais laissé sur mon carnet de bord. Je me souviens de l’installation de Skype pour entendre ta voix. Et de ma web cam. Et de ma note de téléphone. Et de la longueur des
lettres que j’écrivais, et du nombre de mails que je t’envoyais dans une nuit.
Je me souviens aussi de cette St valentin qu’on devait passer
ensemble. Et de ce mail que tu m’as envoyé. Qui m’a fait pleurer. Qui m’a rendu malade. Qui m’a fait vomir.
Je me rappelles bien de la touche “suppression” que j’ai activée. Je
me souviens du modem que j’ai retourné au vendeur. Je me souviens de la honte que j’avais d’être tombée amoureuse d’un pseudo d’internet.
Je me souviens de cette voix que tu avais sur mon répondeur en avril.
De ces tremblements que j’avais quand je t’es reconnu. Je me rappelle de ce copain qui était officier de bateau, qui a réactivé mon compte. Furtive est revenue.
Je me souviens de ces heures à programmer une rencontre sur Paris. Et
de cette soudaine annulation de ta part. Je me souviens y être allé quand même. Je ne me rappelles pas avoir pensé à toi ce jour là, ou alors c’était d’une bien vilaine façon.
Je me rappelles de tes jeux d’amoureux puis d’homme distant, de tes
doubles langages, doubles fenêtres et doubles relations.
Et puis je me souviens bien de la décision de débarquer
dans ton univers. Je me rappelles avoir eu envie de me prendre un râteau, pour oublier et tourner la page. Je me rappelles des 7 heures de train. 7 putains d’heures. J’ai hésité à prendre
la bonne correspondance à Paris. Je me souviens de la musique qui m’accompagnait. Debbie, toute nue dans les bars. De l’hôtel que j’avais réservé, de la douche que j’ai pris avant de t’appeler d’un café.
Je me rappelle de ce 15 juin. De ce 23h30 quand tu es arrivé à ce bar.
Quand tu as commandé un café que j’ai payé pour toi. Quand tu as essayé de me voler un baiser. Je me souviens de la gifle que je t’ai donné. Je me rappelles de ce théâtre où tu m’as emmené. Et
j’ai encore des frissons quand je fermes les yeux. Je t’avais embrassé là bas.
Et j’ai encore la main qui tremble quand je me souviens de mon arrivée
chez toi le lendemain. Et j’ai encore les yeux qui pleurent quand je me rappelle le jour où tu as dit à une autre que je n’étais rien pour toi. Et j’ai la colère qui monte quand je repense à tous
ces claquements de portes. Et j’ai encore des vertiges quand je repense au jour où tu m’as dit je t’aime. Et j’ai encore des fourmillements dans le ventre quand je repense à la nuit où on l’a
fait. Et j’ai le sourire qui apparais quand je me rappelle de la fois où tu m’as demandé de rester pour toujours.
Je me rappelles des galères, des disputes, des coups de gueule et des
non dits. Je me souviens de cette force qu’on mettait à tout réparer. Consciencieusement.
Je me souviens de la naissance de notre fille. Des disputes revenues
puis reparties. Des sacrifices, des concessions, des larmes quand on évoquait la séparation.
Puis l’ardeur qu’on avait à repartir de zéro,
ensemble.
Je me souviens de l’arrivée de notre fils. De ta demande en mariage.
De ces frissons et aussi de cette envie d’enfin se décider à être ensemble, à vie.
Je me souviens de ce jour là. 6 ans après avoir croisé ton pseudo sur
le chat. Je me souviens de mon cœur battant à la chamade, de mes yeux qui pleuraient, de tout se bonheur qui ruisselait, de mes mains moites, de toi, de ton amour, de notre amour, de cette envie
d’être juste nous.
Et puis je me rappelles des mauvaises nouvelles, des moments
difficiles, des manques qu’on a l’un envers l’autre, de la distance qui peut s’installer, des nuits à s’endormir seul, seule aussi. Je me souviens d’avoir eu froid. Je me souviens avoir eu envie
de te gifler, de te dire de partir et surtout l’envie qui me tiraillait le bide de t’embrasser.
Je me souviens avoir eu envie de te faire réagir. Je me souviens avoir
eu mal. Je me souviens avoir eu très mal. Je me rappelles comment ça fait, rien qu’en fermant les yeux je revois mes larmes et ma douleur. Tes larmes aussi, et ta douleur aussi.
Je n’ai pas envie de tout me rappeler, et pourtant je me rappelle de
tout.
Parce que je t’aime, toujours, profondément et sincèrement. Et j’ai
pas envie que ça s’arrête là, comme ça.
Et puis moi j’y crois toujours à notre histoire.
Ben c'est juste... Wouhaou. J'ai vraiment aimé ton histoire Fairy des Folies et je suis ravie d'avoir pu la publier ici.
Merci pour ce partage.
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