Ton histoire #8

Publié le 23 Janvier 2012

Bon ça fait 2 mois grosso merdo là.

 L'impression que ça fait beaucoup plus longtemps d'un côté. Et l'impression que ça n'avance pas du tout de l'autre. Comme si le temps s'était figé... mais qu'il continuait à filer à toute vitesse à côté de moi. Sensation bizarre et assez désagréable en fait.

Mais globalement ça va. Les plaies cicatrisent. Elles tiraillent un peu de temps en temps, mais rien à voir avec la douleur des premières semaines.

C'est un peu comme une cicatrice de césarienne en fait (mais ça marche pour les autres cicatrices aussi)... au début la douleur est limite intolérable, puis plus les jours passent et plus elle devient supportable, mais bien présente. Et au bout de deux mois, on la sent toujours, sans aucun doute... mais elle ne fait plus  aussi "mal". Et on arrête les "anti-douleurs" (entendre par là Lexomil... duquel je suis pratiquement sevrée \o/ ).

Mais pour avoir une vraie cicatrice de césarienne, je sais aussi que 2 ans après, on la sent toujours. Elle est là et ne partira jamais. 

Bref, le temps pass et fait son oeuvre malgré tout. 

 

Aujourd'hui, Cleanettte nous raconte son histoire. Tu peux la lire chez elle.. ou ici ;-) Elle nous confie un passage de son journal intime de l'époque et c'est une façon très originale de raconter son histoire je trouve !

Je vous propose donc une copie de mon journal intime du 19 janvier 1996, les passages en italique sont des compléments pour vous faciliter la compréhension.


"Bien, bien, bien... 1 seul appel depuis 19h c'est tout de même très calme"

C'est fout ce que les choses peuvent évoluer vite. La dernière fois que j'ai écrit dans ce journal c'était il y a un peu plus d'1 semaine. (J'y racontais comment Z. commençait à prendre en à peine un mois une sacrée place dans la petite plage de liberté que me laissent mes études. Mais aussi qu'il me semblait absolument in-envisageable qu'il soit plus qu'un ami bien que lui m'ai avoué des sentiments plus profond)
On est vendredi. Mardi soir, Z. m'attendait à l'entrée (du foyer étudiant ou nous logeons tous les 2) lorsque je suis rentré du lycée(je suis en BTS compta). Comme de bien entendu, on est passé d'abord à ma chambre. J'ai regardé 3min les cours d'informatique(trop facile ;-) ) et puis on est ressorti pour ramener une cassette à Fanny(copine commune du foyer). Seulement elle n'était pas là du coup on est passé chez lui, j'ai pianoté un peu sur son synthé (il n'est pas plus doué que moi: il sait juste comme moi jouer à l'oreille d'1 seule main). Puis à 21h15 il m'a raccompagné car il allait passé voir Tof(un autre pote du foyer) au passage. Je précise au passage qu'il m'avait signalé n'avoir pas dormi de la nuit précédente(sans m'en préciser la cause) et qu'il s'attendait à réitérer l'exploit :-\.

Ma journée de mercredi s'est assez bien déroulé: la prof de compta a été supportable, le devoir d'informatique ne m'a pas paru trop hard. Vers 19h tout le monde avait déserté la salle d'informatique en libre-service au bahut donc je suis rentrée moi aussi.
"Bonjour Z. , Comment vas-tu? Ta nuit blanche était-elle agréable?"
On est passé à ma chambre récupérer la K7 pour Fanny, il l'avait croisé et cette fois-ci elle nous attendait plus ou moins. Elle semblait avoir la pèche, elle a apprécié la K7, on a discuté 1/4 d'h mais on ne s'est pas attardé car elle avait un boulot monstre(prépa médecine ça rigolait pas). Le point à retenir de la conversation: elle a fait la gaffe de me demander pourquoi il ne se passait toujours rien avec Z. Du coup quand on est allé chez lui, mon moral jusque là excellent, s'était bien dégradé chargé de doutes(Est-ce que je lui donne as trop d'espoirs à traîner ainsi avec lui alors que je ne compte absolument pas m'engager sérieusement?). Bien sur Z s'en est rendu compte et m'a demandé ce qu'il se passait et moi comme une con je lui ai répondu en insistant bien sur la conclusion qu'il n'était toujours pas question que l'on sorte ensemble.
Sur le coups, il a eu l'air d'encaisser. Seulement après m'avoir raccompagné à ma porte et que je me sois couché, qui est-ce qui frappe? Z. ! Il m'annonce que finalement il va peut-être bien s'engager dans la légion étrangère. (il m'avait déjà raconté son enrôlement anticipé à 17 ans, ses bons moments, sa fierté d'avoir fait parti des commando de marines mais aussi son départ après un problème avec sa hiérarchie). Si il voulait s'engager s'est qu'il ne savait plus quoi faire d'autre de sa peau puisque je ne voulais pas de lui. Vu que j'étais déjà un peu fatigué, les larmes me sont montées rapidement. Il s'en est voulu, ça l'a mis encore un peu plus sur les nerfs alors qu'il était déjà électrique. (La situation était vraiment pas évidente à gérer, il était hors de question que je cède sous la menace, et ça me faisait encore plus flipper quand au fait que je ne pouvais pas prendre les choses à la légère avec lui).
J'ai fini par le convaincre que nous n'étions ni l'un ni l'autre en état de réfléchir posément à tout ça, qu'on trouverait une solution à son problème mais que la légion n'était pas sa seule alternative. Et je lui ai accordé d'aller avec lui le lendemain à la soirée patinoire organisé par notre foyer. Tout cela ne m'a pas empêché de bien dormir jusqu'à 6h, un peu tôt mais nettement mieux que la nuit de Z. qui s'avéra être encore bien longue à ce qu'il me dit le lendemain.

Jeudi soir donc, je rentre du Lycée à 17h30. Z. m'attends dans le hall comme ces derniers jours, on va se poser un peu dans ma chambre, en attendant qu'il soit l'heure de partir. Au moment de quitter le foyer on croise Fanny qui espère toujours que les choses vont évoluer mais je la refroidi rapidement.
Arrivés à la patinoire, je commence à flipper intérieurement: il y a du monde mais personne du Foyer. Ce qui devait être une sortie de groupe amicale risque de ressembler bien trop à mon goût à un rendez-vous en amoureux. Mais les autres finissent par arriver et je me détends, au final je vais passer bien plus de temps à patiner juste avec Z. qu'avec les autres. On s'est bien éclaté, Z. n'est pas tombé une seule fois et évidement on se tenait par la main pour patiner: il fallait ça pour m'éviter tout accident.
Vers 22h j'avais eu ma dose et commençait à fatiguer, on a pris le chemin du retour. Le parc juste à coté de la patinoire était ouvert et les allées et le plan d'eau étaient éclairés alors on a fait un détour par là malgré le froid. A cette heure là, il n'y avait pas un chat et avec l'éclairage c'était vraiment joli. Du coups on a même profité que c'était désert pour grimper sur la "toile d’araignée" pour les enfants(je suis presque sur que c'est le fait qu'il m'accompagne dans ce "délire" qui a sérieusement fait basculer la balance à son avantage). Je serais volontiers resté plus longtemps mais en plus du froid l'humidité commençait à tomber.

Une fois rentrés au foyer, je savais pertinemment que si je l’abandonnais une fois de plus comme ça, il passerait encore une nuit blanche. Même si il se disait pas fatigué, je sentais bien qu'il ne tenait que par les nerfs et que physiquement il devait commencé à être vraiment épuisé et cela bien plus que je n'avais jamais pu l'être. Du coup je l'ai laissé venir jusqu'à ma chambre, là il s'allongeait au moins un peu et paraissait à peu près calme. Parallèlement je sentais mes sentiments évoluer de plus en plus, il a réussi à me faire parler de mes relations avec les garçons. ça m'a permit de lui expliquer que pour l'instant je n'avais envisagé aucune de mes relations comme sérieuses et durables(mes derniers coups de coeurs n'avaient duré que quelques semaines) alors que je le savais très très sérieux dans ses sentiments d'ou mes réticences tant que je ne savais pas trop ou j'allais. J'espérais qu'il comprenne à demi mot que finalement la porte n'était pas aussi fermé que je lui avais dit précédemment. Mais il ne décryptait encore pas ce que je tentais désormais de faire passer par mon regard fixé sur lui. Il me demanda ironiquement si c'est un coup de boule que je cherchais à le regarder ainsi. Malgré ma pudeur, j'ai réussi à lui dire que c'est un contact bien plus tendre que j'attendais. Il s'est enfin décidé à venir m'embrasser et ce fut si doux que je me suis demandé pourquoi j'avais été aussi con d'attendre si longtemps et de lui faire passer toute ces nuits blanches.

Cela fait 16 ans que l'on est ensemble. Il y a bien eu quelques périodes de doute, de perturbations, mais on les a surmonté et on a surtout eu beaucoup de période de bonheur et je compte bien que cela continue ainsi jusqu'à la mort.

C'est juste magnifique. Et ça rappelle aussi que l'Amour, le vrai, peut exister sans  forcément qu'il y ait un coup de foudre. Je te souhaite aussi que ça dure pour toujours :-)
Merci pour ta participation !
J'attends ton histoire à alidanslaprairie(at)yahoo.com

Rédigé par A L I

Publié dans #Ton histoire

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Xtinette 24/01/2012 21:07

Un beau témoignage d'amour en effet !
Et faudra qu'on parle cicatrice de césarienne un jour parce que moi, ça fait 2 ans et 4 mois aujourd'hui et qu'est-ce que j'ai mal ! Je pense même à faire une chirurgie après mon accouchement
(prévu mi-février); à moins que j'ai encore une césarienne...là, ils pourront "reprendre" l'ancienne...

A L I 25/01/2012 09:30



Ah ouai ? Moi ça va, je sens qu'elle est là souvent, mais je n'ai plus mal.



cleanettte 24/01/2012 08:45

Eh oui, le coups de foudre je l'avais vécu l'année précédente et finalement ça n'avait duré que quelques mois alors j'étais un peu refroidie. Et puis malgré le coups de foudre je n'avais jamais
vraiment envisagé un avenir commun tandis qu'avec z'hom, 1 mois après j'étais convaincu qu'on finirait nos jours ensemble.

A L I 25/01/2012 09:30



C'est beau... mais moi j'ai envie d'un coup de foudre maintenant !



Bouboulette 23/01/2012 15:27

♥ pour la cicatrice... Même si elle ne partira effectivement pas, j'espère qu'elle sera vite indolore... ♥

A L I 25/01/2012 09:29



Oui à priori ça devrait le faire !